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On l'entend avant que le car ne s'arrête. Son nom signifie la tonitruante, et ce n'est pas une image.

Isafjordur
Cent mètres d'eau qui descendent un escalier de basalte, six cascades supplémentaires en dessous, et la route la plus déserte d'Islande pour y arriver.
Dynjandi n'est pas une chute libre. C'est un escalier, et l'eau s'étale en le descendant : la cascade est environ deux fois plus large en bas qu'en haut. Cette forme est la raison pour laquelle on traverse une montagne pour la voir, et les six cascades plus petites entre le parking et son pied expliquent pourquoi la montée prend plus de temps que prévu.
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Météo
Isafjordur mois par mois. Maritime, changeant, et plus venteux que les chiffres ne le laissent croire.
Elle s'élargit
Dynjandi mesure environ trente mètres de large là où l'eau bascule et une soixantaine là où elle atterrit. Presque aucune autre grande cascade ne fait cela.
Pratique
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La plupart des grandes cascades se resserrent en tombant. L'eau se rassemble, accélère et chute en colonne, et plus elle descend plus elle se concentre. Dynjandi fait l'inverse, et ce seul fait explique pourquoi ses photographies ne ressemblent à aucune autre en Islande.
La rivière franchit le rebord d'une corniche de basalte large d'une trentaine de mètres, puis rencontre une paroi faite de couches de lave empilées, chacune formant une marche. Au lieu de tomber dans le vide, l'eau dévale cet escalier, et chaque marche la projette un peu plus latéralement. Arrivée en bas, elle s'étale sur près de soixante mètres.
La dénivellation totale avoisine les cent mètres. C'est de loin la plus grande cascade des Westfjords, et elle est protégée comme monument naturel depuis 1980, ce qui est précoce à l'échelle du tourisme islandais.
Dynjandi est celle de la carte postale, mais elle n'est pas seule sur cette rivière. En dessous, entre le parking et son pied, se trouvent six autres cascades, chacune portant son propre nom et aucune n'étant modeste.
Le sentier les longe toutes. On monte depuis l'aire de stationnement sur de la roche et du gravier, et toutes les quelques minutes une nouvelle chute s'ouvre à côté de vous : un rideau se déversant dans un bassin turquoise, un couloir taillé dans une gorge, une large marche peu profonde sur la roche verte. Les gens s'arrêtent à chacune, ce qui est la bonne réaction et aussi la raison pour laquelle personne ne termine la montée aussi vite qu'il l'avait prévu.
L'arrêt dure environ quarante-cinq minutes. Quinze minutes de montée et quinze de descente laissent une demi-heure pour sept cascades : le conseil de ceux qui l'ont fait est donc simple : partez marcher immédiatement et prenez les photos en redescendant.
Le trajet dure près d'une heure dans chaque sens, et ce n'est pas du temps perdu. Les Westfjords forment une péninsule en forme de main ouverte, et les routes doivent contourner chaque doigt, franchir les hauteurs qui les séparent ou les traverser.
On quitte Ísafjörður par un tunnel, on longe un fjord sur toute sa longueur, on passe au suivant, et l'on débouche enfin sur l'Arnarfjörður avec la cascade visible au fond de la baie bien avant d'y arriver. Des moutons sur le bas-côté, des fermes aux toits rouges au bord de l'eau, et des parois de montagne rayées à l'horizontale par les couches de lave qui les ont bâties.
Presque personne n'emprunte cette route la majeure partie de l'année. Le trafic ici se compte en véhicules par heure et non par minute, et ce vide n'est le manque de rien. C'est tout l'intérêt.
Au retour, l'autocar s'arrête dans une ferme-auberge pour un café, un thé et un gâteau islandais, et il vaut mieux aborder cette halte avec un peu de curiosité plutôt que comme une simple pause.
Le café accompagné d'une douceur l'après-midi est une véritable habitude islandaise et non une invention touristique, et une ferme ici n'est pas un passe-temps. Des moutons, la météo et une saison de croissance très courte, au bout d'une route qui se fermait autrefois pendant des mois.
Cela remet aussi le vide en perspective. La moitié des fermes de ces fjords sont des ruines, et celles qui fonctionnent encore sont tenues par des gens qui ont choisi de rester. Trente minutes autour d'un café ne suffisent pas pour y réfléchir longuement, mais c'est mieux que de passer sans s'arrêter.
Ce coin de l'Islande en est la partie la plus ancienne. Le basalte y a été déposé il y a environ seize millions d'années, bien avant l'existence de la roche sous Reykjavik, et la péninsule se situe aujourd'hui loin de la zone volcanique active. Pas d'éruptions, pas de champs de lave, pas de vapeur.
Ce qu'elle possède en revanche, ce sont des dégâts glaciaires à une échelle considérable. Les glaciers ont creusé les fjords, raboté les sommets et laissé les parois verticales et les terrasses en gradins que l'on voit toute la journée depuis la vitre de l'autocar.
Il n'y a presque personne non plus. Environ sept mille habitants vivent dans toute la région, la plupart dans une poignée de villes, et le chiffre baisse depuis un siècle. C'est pourquoi une cascade de cette taille reçoit une fraction des visiteurs qu'une plus petite de la côte sud accueille en une matinée.
Quatre heures depuis le quai et retour, dont près de deux passées en autocar. Si ce rapport vous dérange, ce n'est pas l'excursion à réserver.
Sinon, vous obtenez une cascade que presque aucune de vos connaissances n'a vue, une marche devant six autres, une ferme en activité, et deux heures parmi les paysages habités les plus vides d'Europe. La météo fera ce qu'elle voudra, généralement frais et souvent humide, et la cascade n'en sera affectée dans aucun des deux cas.
Portez des chaussures qui accrochent et emportez un vrai imperméable. Tout le reste est dans l'autocar.
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